10 mythes sur l’alimentation

La plupart d’entre nous font partie de ceux qui consomment des aliments sans les produire. En raison de notre relation intime avec ce que nous mangeons et des impacts que cela peut avoir sur notre santé et sur l’environnement, les gens se préoccupent de plus en plus de ce qu’ils retrouvent dans leur assiette. Voici dix mythes à observer lors de vos prochaines courses de ravitaillement, question d’être mieux informé, une bouchée à la fois!  | Par Julie Filion 

1- Bien se nourrir (alimentation saine) coûte cher

Les consommateurs québécois ont la chance d’avoir un des paniers d’épicerie les moins chers au monde, avec une gamme de produits très diversifiés et de grande qualité. Selon les chercheurs de Harvard, une alimentation saine coûte 1,50 $ de plus par jour, par personne, en comparaison avec la malbouffe.

2- Les agriculteurs sont contraints d’utiliser de vieilles techniques

Les agriculteurs s’adaptent, modifient leurs pratiques et ont accès à une technologie de plus en plus performante. Aux dires du MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec), l’innovation est un facteur de croissance dans le secteur agricole, qui évolue et s’adapte sans cesse.

3- L’agriculture urbaine, une simple mode

L’agriculture urbaine découle de la demande grandissante des citoyens pour des aliments produits localement et pour une agriculture de proximité. En plus de créer un embellissement urbain, elle réduit les îlots de chaleur, maintient une certaine biodiversité puis rapproche le producteur du consommateur, l’un des grands défis de l’industrie agricole au Québec.

4- La production industrielle est de moindre qualité que la production artisanale

L’authenticité d’un produit n’est donc pas proportionnelle à la quantité de production et la taille du bâtiment dans lequel il est fabriqué, mais plus liée au respect de son « ingrédience » (l’ensemble des ingrédients) qui le compose et la méthode de production utilisée.

5- Le Québec n’est pas très avancé en matière de bien-être animal

Au Québec, la Loi sur la protection sanitaire des animaux précise les conditions et les soins de base qui doivent leur être offerts pour assurer leur bien-être et leur sécurité. Il existe également une législation fédérale encadrant les normes relatives au transport des animaux. Le Québec est ainsi passé de l’avant-dernière à la sixième place dans le classement de l’Animal Legal Defense Fund (ALDF) en 2016.

6- L’agriculture est un métier d’hommes

L’image d’une personne travaillant à la ferme ou dans un domaine lié à l’agriculture est souvent celle d’un homme. Toutefois, au Canada, les femmes sont de plus en plus présentes dans cette industrie. Elles représentent une proportion grandissante des exploitants agricoles, en passant de 27,4 % en 2011 à 28,7 % en 2016.

7- La plupart des fermes au Québec sont familiales

Encore aujourd’hui, la famille est le principal moteur de l’agriculture québécoise et près de 95 % des fermes sont familiales. Entre 1963 et 2017, les fermes ont subi plusieurs transformations. En moins d’un demi-siècle, elles sont passées de petites exploitations autosuffisantes à de véritables entreprises.

8- Les œufs bruns sont plus nutritifs que les œufs blancs

Il faut tout d’abord savoir que les œufs blancs et les bruns ont la même valeur nutritive et le même goût. La seule différence entre les deux? C’est la couleur de la poule. Les œufs ayant une coquille brune proviennent de poules au plumage brun alors que ceux qui ont une coquille blanche sont issus de poules blanches.

9- Il n’y a pas de relève en agriculture

Quelque 8 000 jeunes agriculteurs sont actifs au Québec et les entreprises qui ont une relève représentent 22 % de l’ensemble des entreprises agricoles québécoises. Les exploitants âgés de moins de 35 ans ont représenté une plus grande part du total des exploitants et leur nombre a augmenté pour passer de 24 120 en 2011 à 24 850 en 2016.

10- Le lait de vache est rempli d’hormones et d’antibiotiques

Pour des raisons de santé et de bien-être animal, le Canada interdit l’utilisation et la vente d’hormones de croissance artificielle, notamment la somatotrophine bovine recombinante qui est utilisée pour stimuler la production laitière.

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5 astuces pour mieux manger

Faire de bons choix pour s’alimenter en famille, ce n’est pas toujours de tout repos lorsqu’on doit aussi gérer les devoirs, les bains et les pratiques de hockey ou les cours de danse ! Les cinq conseils que voici devraient vous être utiles dans votre quotidien mouvementé. | Par Mathilde Condrain-Morel


1 – Mieux vaut prévenir que… de courir !

En cuisine, surtout lorsqu’on manque de temps, la clé, c’est la planification. Si vous avez souvent l’impression de manger toujours la même chose, vous auriez intérêt à prévoir un moment dans votre semaine à consacrer à la préparation des repas à l’avance. De cette manière, vous vous assurez également de fournir de bonnes choses aux membres de votre famille plutôt que de vous tourner vers des solutions qui peuvent parfois laisser à désirer côté nutrition. Cette façon de faire peut se présenter comme une corvée, mais vous y découvrirez bien vite les avantages : moins de stress les soirs de semaine, solutions variées et pratiques et réduction du gaspillage alimentaire. Pour vous aider dans votre préparation :


2 – Devenir… légume !

Les légumes, on n’en mange jamais assez ! Oui, il est facile de s’en remettre aux bonnes vieilles carottes, mais l’offre est tellement variée qu’on serait fou de s’en priver ! Pour rendre le tout plus amusant et pour intégrer les enfants dans la préparation des repas, pourquoi ne pas essayer un nouveau légume chaque semaine ? Tout le monde y gagnera et la famille fera des découvertes tout en développant de nouveaux apprentissages.

  • Le livre Plus de légumes, de Ricardo, vous fera voir les mille et une facettes des légumes et vous aidera à les mettre au cœur de votre assiette.

3 – Une affaire de… pois !

Plusieurs d’entre vous souhaitent limiter leur consommation de viande et se tourner davantage vers des protéines végétales. Pour vous aider à les intégrer, pourquoi ne pas modifier votre façon d’apprêter ces substituts ? Les légumineuses sont particulièrement polyvalentes et peuvent être intégrées de multiples façons à vos repas : broyées, en boulettes, rôties, mijotées, etc. Voici quelques idées à adopter pour réduire votre consommation de viande :

4 – Des grains entiers toute la journée

Pour des collations et des repas plus rassasiants, les grains entiers sont tout indiqués. Leur apport en fibres favorise une saine digestion et leur contenu en vitamines et minéraux est plus qu’intéressant. Les sources de grains entiers sont multiples (millet, orge, quinoa, couscous…) et se cuisinent souvent très rapidement, ce qui est une solution gagnante en cuisine. Au déjeuner, oubliez le pain pour quelque temps et revenez au bon vieux gruau, c’est si réconfortant le matin !

  • YUMI Organics vous propose des mélanges de gruau à préparer la veille. On ajoute du lait, et hop au frigo pour toute la nuit ! Le matin venu, aucune préparation n’est nécessaire pour commencer la journée du bon pied.

5 – Accepter les petits coups de pouce

Bien s’alimenter, ça peut aussi vouloir dire de se tourner vers des solutions toutes prêtes. En effet, de plus en plus d’options existent pour vous dépanner, sans lésiner sur la qualité de ce que vous ingérez. Ça permet de se déculpabiliser et de souffler un peu lorsque le temps se manque pour tout faire. Nos choix au restaurant et à l’épicerie :

  • Thaï Express offre maintenant des options végétaliennes, comprenant 160 g de légumes par plat. Cette option est avantageuse pour un repas sur le pouce.

Les légumineuses, on en met partout !

Hyper nutritives, bon marché et offrant une infinie palette de saveurs pour des recettes salées ou sucrées, les légumineuses prennent de plus en plus de plus de place dans nos assiettes… même si elles restent encore parfois des mal-aimées de notre garde-manger. | Par Sophie Suraniti

Au Québec, on dénombre plus d’une vingtaine de variétés de légumineuses, que l’on range en trois grandes catégories : fèves et haricots secs, lentilles et pois secs. Elles s’achètent fraîches, surgelées, sèches ou en conserve. C’est surtout sous ces deux dernières formes qu’on les trouve à l’épicerie. Vous désirez plus de choix ? Notez que les épiceries ethniques et d’aliments naturels proposent plus de variétés que les traditionnels supermarchés.

5 conseils pour faire plus de place aux légumineuses

  1. Ne pas rester sur une mauvaise expérience gustative ou sensorielle ! La couleur et l’aspect influencent beaucoup (les blancs passent souvent mieux que les foncés). Persévérez car les études scientifiques le prouvent : il faut en moyenne 10 à 20 « expositions » pour apprivoiser un aliment. Que l’on soit adulte ou enfant !
  2. Combiner les légumineuses avec la viande pour faire une transition en douceur. Des compromis du type chili con carne (haricots rouges/viande de bœuf haché), couscous (agneau/pois chiches) fonctionnent parfaitement. Incorporer les légumineuses en petite quantité, et fréquemment : un peu de lentilles dans une sauce à spaghetti, une poignée de haricots rouges dans une soupe aux légumes…
  3. Les légumineuses en boîte sont déjà cuites, ce qui facilite grandement leur utilisation. Il suffit de les rincer plusieurs fois sous l’eau froide dans une passoire. Ce rinçage est important car il permet d’enlever le sel ainsi que la petite couche « gélatineuse » présente sur la légumineuse, responsable des effets de flatulence. Égoutter les légumineuses puis les ajouter comme indiqué dans la recette.
  4. Certaines légumineuses (trop) bon marché peuvent se présenter toutes ratatinées, voire à moitié en bouillie ! Réservez-les pour des préparations écrasées (trempette, purée…). Si vous les servez entières, 50 cents ou 1 dollar de plus feront parfois toute la différence ! Quant au liquide de trempage généralement très salé, sachez que l’on trouve désormais sur les tablettes des épiceries certains produits sans sel ajouté.
  5. Variez les couleurs et textures des légumineuses dans un même plat : un chili aux fèves noires et rouges est plus appétissant !

Fraîches

L’avantage des légumineuses fraîches ? Aucun trempage avant de les cuire puisqu’elles sont déjà gorgées d’eau ! Il est possible de les congeler. On les blanchit 5 minutes, on les égoutte et on laisse refroidir avant de les mettre en sac. Les durées de cuisson dépendent de la variété de légumineuses, de l’endroit et du sol où elles ont poussé.

Sèches

Souvent moins chères à l’achat, il faut les tremper avant de les cuisiner. Le trempage permet de les réhydrater, de conserver les vitamines et minéraux présents dedans et de réduire le temps de cuisson, ainsi que les effets de flatulence. Inutile cependant de faire tremper les lentilles, les pois cassés, les haricots mungo et adzuki, en raison de leur petite taille. À l’achat, les choisir intacts, fermes, lisses, d’une belle couleur et brillance (gage de fraîcheur et de rotation des stocks chez l’épicier). On les conserve dans des contenants étanches, au frais et au sec. Les consommer l’année de leur achat est l’idéal – sinon elles seront plus longues à cuire (réhydratation difficile après un trop long entreposage).

Trier, rincer et tremper

Enlever les saletés, les petits résidus et jeter celles qui sont abîmées. Les rincer plusieurs fois sous l’eau claire, dans une passoire. On fait tremper – durant environ huit heures – le matin ou le soir, selon son horaire. Puis on fait cuire dans une nouvelle eau (trois fois leur volume) ; la durée de cuisson est en fonction de la variété, de la fraîcheur et de la taille de la légumineuse. Les légumineuses sont cuites lorsqu’elles s’écrasent facilement à la fourchette.

Congeler

La congélation est une bonne manière d’avoir des légumineuses sous la main en tout temps, puisqu’elle nous évite d’avoir à passer par les étapes de trempage et de cuisson. Une fois les légumineuses cuites et égouttées, on les laisse refroidir et on congèle en portions pratiques (selon la taille de la famille). Une fois cuites et égouttées, les légumineuses se conservent dans un contenant hermétique 5 jours au réfrigérateur et jusqu’à 6 mois au congélateur.

Trempage « accéléré »

Il est possible de réduire le temps de trempage : mettre les légumineuses et l’eau froide dans une casserole, porter à ébullition 2 minutes, couvrir, retirer du feu et laisser reposer 1 heure jusqu’à gonflement. On peut aussi les cuisiner à l’autocuiseur, ce qui réduit considérablement le temps de cuisson. Mais attention : ces protéines ont tendance à « mousser » lors de la cuisson!

En conserve

Même si les légumineuses sèches ont une saveur et une texture plus intéressantes, celles en conserve sont idéales pour s’initier et débuter ! La nutritionniste Geneviève O’Gleman ne tarit pas d’éloges pour ces petites boîtes qui nous simplifient la vie en cuisine. Sans compter que leur apport nutritionnel est équivalent, même sous cette forme !

Des façons inusitées de cuisiner les légumineuses

Au-delà du sempiternel chili, des burritos ou du houmous, il existe une foule de manières inusitées de savourer des légumineuses. Réduites en purée et aromatisées, les fèves blanches et edamame peuvent servir de base pour une fantastique trempette, elles peuvent aussi être ajoutées à un risotto ou à des biscuits. Les lentilles peuvent être intégrées à des croquettes ou à une collation sans arachides. Les fèves noires peuvent trouver refuge dans des brownies et les gourganes, ces légumineuses québécoises, peuvent remplacer les pétoncles dans des coquilles St-Jacques. Bref, la seule limite – ou presque – semble être votre imagination !

Des petits trucs pour digérer plus facilement, limiter les ballonnements

  • Jeter le liquide de trempage des légumineuses en conserve qui contient des sucres fermentescibles et beaucoup de sel. Bien rincer.
  • Fréquence et petite quantité : deux règles à mener de front pour les intégrer sans soucis dans son alimentation ! Notre flore intestinale doit s’habituer.
  • En plus de les rendre savoureuses, les aromates facilitent la digestion des légumineuses. Un oignon piqué de clous de girofle ajouté à l’eau de cuisson, du cumin, du romarin, de la sauge, du thym, de la sarriette…
  • Au début, éviter les recettes qui combinent légumineuses et choux (ou brocolis).
  • Comme le sucre favorise la fermentation dans l’intestin, éviter de terminer un repas composé de légumineuses avec un dessert très sucré. Ou le consommer plus tard.

+ à savoir

Selon le Guide alimentaire canadien, 175 ml (¾ tasse) de légumineuses cuites correspondent à une portion de viande ou de poisson d’environ 75 g. Notez que les protéines des légumineuses ne possèdent pas tous les acides aminés essentiels. D’où l’importance de les combiner pour avoir un apport complet.

Quelle est la signification du « ET/OU » dans une liste d’ingrédient?

« Pourquoi est-ce qu’on retrouve un et/ou dans les listes d’ingrédients d’un produit? »

La raison

« Le « et/ou », c’est que la formule alimentaire peut varier légèrement, et on essaie d’ajuster les proportions selon le coût des matières premières pour vous offrir toujours le produit au meilleur coût possible. Donc, c’est juste des ajustements. Pourquoi on est obligé de mettre « et/ou » ? C’est que les ingrédients sont en ordre de grandeur, et donc il peut arriver qu’il y ait un petit peu plus de bœuf ou un petit peu plus de porc, juste pour vraiment ajuster le coût. » – Sylvain Fournaise, VP en Sécurité alimentaire et Services techniques chez Olymel.

5 faits qui vous feront craquer pour les œufs

Si on se demande encore qui est arrivé en premier – l’œuf ou la poule ?, on sait depuis longtemps que l’œuf est l’un des aliments les plus faciles à intégrer dans notre alimentation. Malgré cela, on ignore trop souvent les bienfaits encapsulés dans cette petite coquille qui fait partie de notre vie depuis des siècles.  Démêlons le blanc du jaune.

Un aliment complet

Au royaume des aliments, l’œuf pourrait sans doute avoir sa franchise au cinéma. Un seul œuf de gros calibre contient 6 grammes de protéines et procure pas moins de 14 éléments nutritifs importants, dont du fer, du folate, du zinc et des vitamines A, D et E.  Et ce n’est pas tout! L’œuf fait partie des rares aliments à être considérés comme une protéine complète avec ces neuf acides aminés essentiels au corps humain, qui est incapable de les produire naturellement.

La vitamine B12 en bonus

En plus de ses nombreuses vertus de base, l’œuf contient de la vitamine B12, essentielle, entre autres, à la production de cellules sanguines saines et au bon fonctionnement de notre système nerveux. Puisqu’elle n’est présente naturellement que dans les aliments d’origine animale, l’œuf devient un complément alléchant à l’apport recommandé quotidien de ce nutriment.

Les œufs enrichis… ça sort d’où ?

Ne vous inquiétez pas, les œufs enrichis sont produits naturellement. Pour obtenir des œufs enrichis en oméga-3, on nourrit les poules à l’aide d’une alimentation qui contient des teneurs plus élevées de certains éléments nutritifs, dont de la vitamine D ou des oméga-3. On les retrouve ensuite dans leurs œufs.

Peut-il y avoir des traces d’hormones ou de stéroïdes ?

Soyez rassuré, vous ne trouverez pas de jaune d’œuf musclé dans les œufs que vous achèterez à l’épicerie. En effet, l’utilisation de stéroïdes et d’hormones est absolument proscrite par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Drôles de jaunes

Vous trouvez que les jaunes de vos œufs ne respectent pas toujours la même palette de couleur. Il ne faut pas s’en inquiéter. La couleur du jaune d’œuf est influencée par l’alimentation des poules. Ainsi, si une poule a un régime alimentaire à base de blé, elle pondra des œufs contenant des jaunes pâles. Si on lui sert plutôt du maïs ou de la luzerne, elle produira des jaunes plus foncés.

Qu’est-ce que l’acide citrique?

« Pourquoi est-ce qu’il y a de l’acide citrique dans mes produits d’épicerie? »

Origine et utilisation

L’acide citrique est un acide végétal organique naturel. Il est obtenu à partir de la fermentation de solutions sucrées naturelles comme le jus de citron par exemple. Il a de multiples utilisations : additif alimentaire, acidifiant pour boissons et régulateur de PH.

« On met du jus de citron sur une pomme pour éviter le brunissement de celle-ci. Lorsqu’on regarde ça du côté de l’industrie alimentaire, on sait que l’ingrédient actif dans le citron est l’acide citrique alors l’entreprise peut faire de l’acide citrique et le rajouter dans un produit comme agent de conservation. » – Charmane Kuran de Santé Canada

5 conseils pour une épicerie en vrac et locale

Parce que quelques conseils n’ont jamais fait de mal! | Par Mathilde Condrain-Morel

Comme vous avez pu le constater, nous avons consacré le mois de juin à l’achat local et à tout ce qui touche l’approvisionnement en aliments d’ici. De façon générale, l’approvisionnement local facilite également l’achat en vrac, la proximité aidant à limiter les emballages alimentaires. Pour des emplettes des plus simples, voici quelques conseils bien avisés

Conservez vos pots en verre

Vous savez ces contenants de sauce pour pâtes, de cornichons ou encore d’huile? Plutôt que de les recycler lorsqu’ils sont vides, nettoyez-les et conservez-les pour faire vos achats en vrac. Vous vous retrouverez alors avec une variété de tailles, ce qui est utile pour des produits qu’on ne veut pas toujours acheter en grande quantité, et ça vous évitera de dépenser en pots Mason!

Consultez en ligne la liste des fournisseurs de votre épicerie

Cette étape toute simple vous permettra d’identifier les producteurs et entreprises du Québec de votre épicerie en vrac, de façon à pouvoir les prioriser le moment venu. Vous pourrez de plus planifier vos achats d’avance et sauver du temps sur place. Vous pouvez également aller faire un tour de reconnaissance, question de vous familiariser avec les lieux et de découvrir l’offre.

Posez des questions aux commis

Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir! Les employés de votre épicerie en vrac se feront un plaisir de vous guider dans vos recherches et de répondre à toutes vos questions. N’hésitez pas à les questionner sur la provenance des aliments et sur leurs méthodes d’approvisionnement, car pour réellement réduire votre empreinte écologique, il faut également que votre épicerie et ses fournisseurs aient fait un effort dans la manutention des produits  Les commis sont généralement en mesure de vous aiguiller également sur certaines méthodes de conservation ou sur les utilisations multiples d’un produit. Lorsque vous vous serez familiarisé avec l’équipe, ce sera même possible de leur faire des demandes spéciales pour de nouveaux produits ou l’ajout de producteurs québécois.

Comparez les prix

De la même manière que vous le feriez pour une épicerie régulière, vous pouvez comparer les prix et les aubaines offertes sur les produits en vrac. Informez-vous également sur les produits québécois de saison, souvent moins chers et disponibles un peu partout. Tel qu’expliqué ici, acheter local ne revient pas plus cher et, vous verrez, on y prend goût!

Ne vous mettez pas de pression!

L’achat en vrac et local n’a pas à devenir une source de stress. C’est possible que vous ne soyez pas en mesure de TOUT acheter en vrac et en provenance du Québec et ces réflexes d’achat peuvent prendre un certain temps à implanter. Allez-y à votre rythme et rappelez-vous que chaque petit effort est un pas dans la bonne direction.

Des entreprises à découvrir

Pour faire vos achats locaux et en vrac, ces arrêts sont des incontournables :

Pour poursuivre la conversatiom, vous pouvez consulter notre vidéo sur l’achat local.

Poursuivre la conversation : l’achat local

L’achat local faisait partie des sujets abodés lors de La Grande Conversation DUX et voici un aperçu des moments forts de la discussion.

Les raisons d’acheter local

« L’achat local, il y a plusieurs raisons pour lesquelles on devrait le privilégier. C’est sûr, on parle d’environnement, mais il y a aussi tout l’aspect économique, l’aspect de l’emploi. Quand on achète local, on encourage nos producteurs, on encourage nos transformateurs. Il y a aussi tout l’aspect des normes canadiennes, qui sont parmi les plus sévères au monde.  » – Marie Beaudry, directrice générale chez Aliments du Québec

L’économie des régions

« Quand on encourage l’alimentation à partir de produits locaux, on encourage beaucoup plus que ce que l’on croit. Ça sert aussi à soutenir l’économie des régions, à garder des familles en région, à occuper le territoire, et je dirais à rendre le territoire attrayant et beau. Parce que généralement quand on trouve ça beau à la campagne, c’est parce qu’il y a des agriculteurs qui cultivent et qui font un paysage.  » – Pascale Tremblay, Agronome et présidente-directrice génétale chez CARTV

« Ça soutient le réseau rural du Québec, c’est hyper important. » – Chantal Van Winden, Présidente-directrice générale chez Oliméga

Le savoir-faire, une fierté québécoise

« L’autre avantage de consommer local, c’est qu’on crée un savoir-faire. J’ai travaillé pendant des années à l’exportation et je peux vous dire que les produits québécois, on est novateurs. Partout où je suis allée dans le monde, les acheteurs étrangers adoraient les produits québécois. Tout à l’heure, on a parlé de fierté, je pense que c’est une fierté qu’on doit avoir de supporter nos produits locaux. C’est drôlement important. Puis on doit en être fiers, parce qu’on fait des choses quand même incroyables, des choses extraordinaires, donc il faut soutenir ces gens-là, sinon on va s’alimenter uniquement avec des choses qui sont importées. » – Marie Beaudry, directrice générale chez Aliments du Québec

La psychonutrition : manger ses émotions… littéralement!

S’il est vrai que notre état d’esprit joue sur notre capacité à assimiler les aliments, ceux-ci peuvent inversement avoir un impact sur notre humeur, comme nous l’apprend la psychonutrition. Découvrez quels aliments privilégier pour la santé de votre corps et de votre esprit !

La psychonutrition, ça vous dit quelque chose? Il s’agit de la notion analysant les impacts de notre alimentation sur notre cerveau. Effectivement, certains aliments peuvent avoir des effets insoupçonnés sur notre humeur, pouvant même aller jusqu’à agir sur la dépression chronique. Voici quelques pistes de réflexion pour adapter son alimentation.

Dans une entrevue récente accordée à ELLE France, la psychiatre Claire Abusubul affirmait que « Les acides gras peuvent traiter la dépression – y compris la dépression post-partum ou saisonnière –, mais aussi les récidives ; un déficit altère au contraire les fonctions cognitives (apprentissages, mémoire…) et l’état émotionnel. » On aurait donc intérêt à les intégrer à notre alimentation. Pour ce faire, voici quelques aliments à privilégier :

  • Sardines
  • Maquereaux
  • Œufs
  • Graines de lin

Boost d’hormones grâce aux aliments

Puisque l’humeur est liée à l’activité des neurotransmetteurs, qui elle est influencée par la sécrétion de certaines hormones, vous gagnez à choisir des aliments qui peuvent favoriser la libération de ces hormones. On pense notamment à la dopamine et à la noradrénaline, impliquées dans votre niveau d’énergie et votre capacité d’apprentissage, de même qu’à la sérotonine et à la mélatonine, qui quant à elles, favorisent le sommeil, le calme et la sérénité. Quels aliments choisir dans ce cas?

  • Tout ce qui contient de la vitamine B6, nécessaire à la formation de sérotonine, mais également de la dopamine. On fait donc d’une pierre, deux coups.
  • Du riz brun et des pâtes de blé entier
  • Des viandes et poissons riches en protéines
  • Du chocolat à 70 % de cacao

Petite anecdote : en Angleterre, les autorités sont parvenues à réduire de 60 % les cas de violences à la sortie des bars en faisant grignoter aux jeunes fêtards nocturnes… du chocolat ! Signe que la psychonutrition a ses effets!

Opter pour une alimentation anti-inflammatoire

Au-delà du problème neurologique, la dépression peut parfois être liée à une inflammation, qui, selon la Dre Claire Abusubul, est bien souvent causée par « un dysfonctionnement du système digestif : altération de la muqueuse intestinale, déséquilibre du microbiote… ». Il devient donc bénéfique d’adopter une alimentation anti-inflammatoire afin de préserver l’équilibre de la flore intestinale. Quels sont donc les aliments à privilégier?

  • Des fruits et légumes en grande quantité
  • Des légumineuses
  • Des algues

Bien que tous ces aliments ont des avantages sur votre santé, gardez en tête que l’important c’est l’équilibre et que le plaisir de manger ne doit pas être abandonné en cours de route. Il est important également de se rappeler que votre état d’esprit peut influencer vos comportements alimentaires.

Mythes et réalités : coûts de l’achat local

Acheter local, est-ce que ça coûte cher? On se penche sur la question | Par Mathilde Condrain-Morel

Mythe : Acheter local coûte cher.

Réalité :

Affirmer que l’achat local coûte cher aux consommateurs serait une conclusion plutôt hâtive. En effet, le calcul doit inévitablement prendre en compte la qualité du produit final, mais également des considérations qui vont au-delà d’un simple choix de consommation. De plus, ce mythe se déconstruit encore plus en saison, puisque la majorité des fruits et légumes produits au Québec vous coûteront moins chers que ceux importés. La production étant plus grande lors de certaines périodes clés, c’est l’occasion de faire le plein d’aliments d’ici.

Un juste prix

Pour un aliment produit au Québec, il faut compter que chaque personne qui y travaille reçoit sa juste part et est payée équitablement. Déjà, c’est une facette du produit où il n’est pas possible de limiter les dépenses. Les agriculteurs et travailleurs embauchés ont des droits, et c’est un choix de société de privilégier l’humain sur le profit. Aussi, les aliments provenant du Québec sont produits en suivant un ensemble de réglementation et de normes qui peut également être coûteux à faire respecter. Ceci étant dit, ces normes sont mises en place pour assurer la qualité des produits pour le consommateur, et elles sont parmi les plus strictes au monde. Si vous choisissez un aliment étranger, vous n’êtes malheureusement pas assuré que celui-ci a été produit selon les plus hauts standards. Vous gagnez donc à choisir des aliments dont la production est faite dans le respect de votre santé et de l’environnement.

Il faut garder en tête que le prix payé à la caisse englobe des standards qui ne se limitent pas au goût et à la provenance du produit en question. La valeur ajoutée réside dans cet ensemble de valeurs qui, il est vrai, peut être difficile à quantifier. C’est une question de choix, mais il est important de connaître les différentes facettes de ce choix.

Un impact économique sur la région

L’impact de l’achat local va au-delà de son propre portefeuille. Encourager les producteurs d’ici favorise l’économie de la région dans laquelle ils évoluent et ces retombées peuvent aider une région à se vitaliser, notamment par la création d’emplois que la demande peut générer. Les dollars dépensés font donc beaucoup plus de chemin que ce que l’on peut penser. Ceci étant dit, privilégier le local à tout prix, notamment en alimentation, peut entraîner l’utilisation de plus d’intrants pour pallier des conditions parfois moins favorables, liées notamment à notre climat. Ces intrants, par exemple des engrais et fertilisants, des pesticides, des technologies favorisant la croissance, génèrent des coûts qui se reflètent dans des prix plus élevés. Le consommateur doit inévitablement payer une partie de la note. Dans un plus large spectre, l’achat de produits locaux a un impact sur les exportations et peut donc  entraîner des pertes économiques sur le long terme.

L’achat local est-il coûteux? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît et mérite qu’on s’y attarde. Par contre, de nombreuses conceptions erronées persistent et doivent être observées de plus près afin de détruire les mythes qui s’y rattachent. Finalement, il revient à chaque personne de décider quel impact a le plus de valeur à ses yeux pour faire un choix éclairé qui correspond à ses convictions.