Poursuivre la conversation : l’achat local

L’achat local faisait partie des sujets abodés lors de La Grande Conversation DUX et voici un aperçu des moments forts de la discussion.

Les raisons d’acheter local

« L’achat local, il y a plusieurs raisons pour lesquelles on devrait le privilégier. C’est sûr, on parle d’environnement, mais il y a aussi tout l’aspect économique, l’aspect de l’emploi. Quand on achète local, on encourage nos producteurs, on encourage nos transformateurs. Il y a aussi tout l’aspect des normes canadiennes, qui sont parmi les plus sévères au monde.  » – Marie Beaudry, directrice générale chez Aliments du Québec

L’économie des régions

« Quand on encourage l’alimentation à partir de produits locaux, on encourage beaucoup plus que ce que l’on croit. Ça sert aussi à soutenir l’économie des régions, à garder des familles en région, à occuper le territoire, et je dirais à rendre le territoire attrayant et beau. Parce que généralement quand on trouve ça beau à la campagne, c’est parce qu’il y a des agriculteurs qui cultivent et qui font un paysage.  » – Pascale Tremblay, Agronome et présidente-directrice génétale chez CARTV

« Ça soutient le réseau rural du Québec, c’est hyper important. » – Chantal Van Winden, Présidente-directrice générale chez Oliméga

Le savoir-faire, une fierté québécoise

« L’autre avantage de consommer local, c’est qu’on crée un savoir-faire. J’ai travaillé pendant des années à l’exportation et je peux vous dire que les produits québécois, on est novateurs. Partout où je suis allée dans le monde, les acheteurs étrangers adoraient les produits québécois. Tout à l’heure, on a parlé de fierté, je pense que c’est une fierté qu’on doit avoir de supporter nos produits locaux. C’est drôlement important. Puis on doit en être fiers, parce qu’on fait des choses quand même incroyables, des choses extraordinaires, donc il faut soutenir ces gens-là, sinon on va s’alimenter uniquement avec des choses qui sont importées. » – Marie Beaudry, directrice générale chez Aliments du Québec

La psychonutrition : manger ses émotions… littéralement!

S’il est vrai que notre état d’esprit joue sur notre capacité à assimiler les aliments, ceux-ci peuvent inversement avoir un impact sur notre humeur, comme nous l’apprend la psychonutrition. Découvrez quels aliments privilégier pour la santé de votre corps et de votre esprit !

La psychonutrition, ça vous dit quelque chose? Il s’agit de la notion analysant les impacts de notre alimentation sur notre cerveau. Effectivement, certains aliments peuvent avoir des effets insoupçonnés sur notre humeur, pouvant même aller jusqu’à agir sur la dépression chronique. Voici quelques pistes de réflexion pour adapter son alimentation.

Dans une entrevue récente accordée à ELLE France, la psychiatre Claire Abusubul affirmait que « Les acides gras peuvent traiter la dépression – y compris la dépression post-partum ou saisonnière –, mais aussi les récidives ; un déficit altère au contraire les fonctions cognitives (apprentissages, mémoire…) et l’état émotionnel. » On aurait donc intérêt à les intégrer à notre alimentation. Pour ce faire, voici quelques aliments à privilégier :

  • Sardines
  • Maquereaux
  • Œufs
  • Graines de lin

Boost d’hormones grâce aux aliments

Puisque l’humeur est liée à l’activité des neurotransmetteurs, qui elle est influencée par la sécrétion de certaines hormones, vous gagnez à choisir des aliments qui peuvent favoriser la libération de ces hormones. On pense notamment à la dopamine et à la noradrénaline, impliquées dans votre niveau d’énergie et votre capacité d’apprentissage, de même qu’à la sérotonine et à la mélatonine, qui quant à elles, favorisent le sommeil, le calme et la sérénité. Quels aliments choisir dans ce cas?

  • Tout ce qui contient de la vitamine B6, nécessaire à la formation de sérotonine, mais également de la dopamine. On fait donc d’une pierre, deux coups.
  • Du riz brun et des pâtes de blé entier
  • Des viandes et poissons riches en protéines
  • Du chocolat à 70 % de cacao

Petite anecdote : en Angleterre, les autorités sont parvenues à réduire de 60 % les cas de violences à la sortie des bars en faisant grignoter aux jeunes fêtards nocturnes… du chocolat ! Signe que la psychonutrition a ses effets!

Opter pour une alimentation anti-inflammatoire

Au-delà du problème neurologique, la dépression peut parfois être liée à une inflammation, qui, selon la Dre Claire Abusubul, est bien souvent causée par « un dysfonctionnement du système digestif : altération de la muqueuse intestinale, déséquilibre du microbiote… ». Il devient donc bénéfique d’adopter une alimentation anti-inflammatoire afin de préserver l’équilibre de la flore intestinale. Quels sont donc les aliments à privilégier?

  • Des fruits et légumes en grande quantité
  • Des légumineuses
  • Des algues

Bien que tous ces aliments ont des avantages sur votre santé, gardez en tête que l’important c’est l’équilibre et que le plaisir de manger ne doit pas être abandonné en cours de route. Il est important également de se rappeler que votre état d’esprit peut influencer vos comportements alimentaires.

Organisation à découvrir : Aliments du Québec

Promouvoir l’industrie agroalimentaire québécoise, ça prend les ressources d’un organisme complet! Aperçu du travail qu’effectue Aliments du Québec. | Par Mathilde Condrain-Morel

Alors que l’engouement pour une alimentation locale ne cesse de croître, le travail d’Aliments du Québec est primordial, autant pour les distributeurs que pour les producteurs, en passant par les consommateurs. Grâce aux marques Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec, l’organisme sans but lucratif arrive à faire rayonner le savoir-faire québécois auprès d’une clientèle qui souhaite de plus en plus encourager l’expertise locale.

Un repère au moment d’acheter

Les logos apposés sur les produits permettent à n’importe qui de reconnaître rapidement que le produit en question est soit québécois ou a été préparé au Québec. D’ailleurs, Aliments du Québec est la seule organisation qui garantit la provenance des produits qu’elle contrôle et certifie. Les consommateurs ont d’ailleurs l’embarras du choix quand vient le temps d’appuyer une marque locale, puisque c’est plus de 22 000 produits qui sont certifiés, en provenance de 1 200 entreprises adhérant toutes aux valeurs de l’organisme.

Pour qu’un aliment soit considéré comme Aliments du Québec, il doit être composé minimalement de 85 % d’ingrédients d’origine québécoise, et ce, à condition que tous les ingrédients principaux proviennent du Québec. En plus, toutes les activités de transformation et d’emballage doivent être réalisées au Québec, assurant un produit québécois sous toutes ses facettes. Les Aliments préparés au Québec, représentent quant à eux les produits qui sont entièrement transformés et emballés au Québec. Si pour un produit donné, les ingrédients principaux sont disponibles au Québec, et ce, en quantité suffisante, ils doivent absolument être utilisés.

Une vérification crédible

Pour établir la provenance des produits, Aliments du Québec se base sur les lois fédérales de l’Agence canadienne d’inspection des aliments et sur celles provinciales du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. L’organisme s’assure donc de suivre des standards de qualité crédibles et parmi les plus élevés au monde.

Un outil pratique

22 000 produits, c’est énorme! Il n’y a pas de raison de ne pas trouver ce qui fera votre bonheur. Directement sur le site d’Aliments du Québec, ils sont répertoriés par catégorie, par exemple boissons, fruits et légumes, mets préparés et produits végétariens, etc. Ça vous permet de découvrir des entreprises d’ici et de pouvoir mieux les identifier la prochaine fois que vous ferez votre épicerie. Aussi, depuis 2013, les déclinaisons biologiques des marques Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec sont disponibles, associant le mode de production à la certification de provenance. Ça devient donc de plus en plus facile d’améliorer son alimentation en fonction de ses valeurs.

Produits québécois à l’honneur!

Vous croyez qu’il n’est pas possible de vous procurer des produits exclusivement québécois? Détrompez-vous! Plusieurs produits du quotidien peuvent être remplacés par des options faites au Québec! Par exemple, si vous avez l’habitude de vous procurer du ketchup Heinz, vous pourriez plutôt choisir le ketchup de l’entreprise Le lunch Box. Il est même possible d’acheter du tofu du Québec, produit par Unisoya. Amusez-vous à parcourir le site d’Aliments du Québec pour découvrir toutes ces options de produits québécois à adopter illico!

Mythes et réalités : coûts de l’achat local

Acheter local, est-ce que ça coûte cher? On se penche sur la question | Par Mathilde Condrain-Morel

Mythe : Acheter local coûte cher.

Réalité :

Affirmer que l’achat local coûte cher aux consommateurs serait une conclusion plutôt hâtive. En effet, le calcul doit inévitablement prendre en compte la qualité du produit final, mais également des considérations qui vont au-delà d’un simple choix de consommation. De plus, ce mythe se déconstruit encore plus en saison, puisque la majorité des fruits et légumes produits au Québec vous coûteront moins chers que ceux importés. La production étant plus grande lors de certaines périodes clés, c’est l’occasion de faire le plein d’aliments d’ici.

Un juste prix

Pour un aliment produit au Québec, il faut compter que chaque personne qui y travaille reçoit sa juste part et est payée équitablement. Déjà, c’est une facette du produit où il n’est pas possible de limiter les dépenses. Les agriculteurs et travailleurs embauchés ont des droits, et c’est un choix de société de privilégier l’humain sur le profit. Aussi, les aliments provenant du Québec sont produits en suivant un ensemble de réglementation et de normes qui peut également être coûteux à faire respecter. Ceci étant dit, ces normes sont mises en place pour assurer la qualité des produits pour le consommateur, et elles sont parmi les plus strictes au monde. Si vous choisissez un aliment étranger, vous n’êtes malheureusement pas assuré que celui-ci a été produit selon les plus hauts standards. Vous gagnez donc à choisir des aliments dont la production est faite dans le respect de votre santé et de l’environnement.

Il faut garder en tête que le prix payé à la caisse englobe des standards qui ne se limitent pas au goût et à la provenance du produit en question. La valeur ajoutée réside dans cet ensemble de valeurs qui, il est vrai, peut être difficile à quantifier. C’est une question de choix, mais il est important de connaître les différentes facettes de ce choix.

Un impact économique sur la région

L’impact de l’achat local va au-delà de son propre portefeuille. Encourager les producteurs d’ici favorise l’économie de la région dans laquelle ils évoluent et ces retombées peuvent aider une région à se vitaliser, notamment par la création d’emplois que la demande peut générer. Les dollars dépensés font donc beaucoup plus de chemin que ce que l’on peut penser. Ceci étant dit, privilégier le local à tout prix, notamment en alimentation, peut entraîner l’utilisation de plus d’intrants pour pallier des conditions parfois moins favorables, liées notamment à notre climat. Ces intrants, par exemple des engrais et fertilisants, des pesticides, des technologies favorisant la croissance, génèrent des coûts qui se reflètent dans des prix plus élevés. Le consommateur doit inévitablement payer une partie de la note. Dans un plus large spectre, l’achat de produits locaux a un impact sur les exportations et peut donc  entraîner des pertes économiques sur le long terme.

L’achat local est-il coûteux? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît et mérite qu’on s’y attarde. Par contre, de nombreuses conceptions erronées persistent et doivent être observées de plus près afin de détruire les mythes qui s’y rattachent. Finalement, il revient à chaque personne de décider quel impact a le plus de valeur à ses yeux pour faire un choix éclairé qui correspond à ses convictions.

Entreprise à découvrir : Les Aliments Faita-Forgione

Porte-parole pour IGA dans la campagne Bien manger depuis 4 ans maintenant, c’est tout naturellement qu’à la fin 2016, Stefano Faita, flanqué de son associé Michele Forgione, accepte de se lancer dans la grande aventure des sauces tomates!

Ce n’est pas d’hier que Stefano Faita baigne dans la sauce. « Avant d’être restaurateur, j’ai travaillé à la Quincaillerie Dante avec ma mère pendant douze ans, on donnait des cours de cuisine. À chaque été, pendant le Festival des récoltes au Marché Jean-Talon, on avait un kiosque où l’on montrait aux gens comment mettre les tomates en pots. Beaucoup de gens voulaient simplement acheter nos tomates et, à chaque année, je disais à ma mère que nous devrions vendre des pots de tomates. »

Lorsqu’un jour une responsable du marketing chez IGA lui lance la proposition de créer des sauces à son nom, le restaurateur est aussitôt interpellé par le projet. La priorité pour le tandem Faita-Forgione était d’abord de pouvoir émuler les sauces que faisaient leurs grands-mères en Italie et de les offrir sur les tablettes. « Nous ne voulions pas d’un produit réfrigéré. Il fallait créer des sauces typiquement italiennes à conserver dans le garde-manger, comme nos fameuses conserves de tomates que l’on fait depuis toujours. On a fait des recherches et IGA a identifié des entreprises qui pouvaient fabriquer nos sauces en grande quantité et, de fil en aiguille on a trouvé un manufacturier avec qui on avait un fit. Tout comme nous, ils étaient prêts à prendre un risque. »

Le souhait était clair : réaliser un produit entièrement naturel, sans agent de conservation, sans sucre et sans eau ajoutée. Il a fallu neuf mois pour élaborer les quatre premières saveurs : tomate-basilic, marina, arrabiata et rosée et c’est le 28 août 2017 que les premiers pots font leur apparition sur les tablettes.  Au même moment, les associés fondent Aliments Faita Forgione, une entreprise dédiée à la commercialisation des sauces Stefano ainsi que de tous les autres produits à venir de la marque.

 Se démarquer en épicerie

 « Nous voulons offrir des produits qui font une différence et montrer aux gens qu’on peut acheter de bonnes choses faites dans les règles de l’art en épicerie. C’est la promesse de notre marque et ça va toujours l’être. » Pour Stefano Faita, il est non seulement important de commercialiser des produits à valeur ajoutée, mais également de garantir que ceux-ci respectent en tout point l’essence de sa marque personnelle. « Je goûte à absolument tout avant que les produits n’arrivent sur les tablettes. »

Les deux associés ont travaillé à bâtir l’identité de marque et les emballages pour qu’ils soient en accord avec ce que représente la marque Stefano. «Tout ce qu’il y a sur les pots traduit ce qu’on veut évoquer, ce sont les valeurs auxquelles nous tenons Michele et moi. C’est simple et c’est bon. Un produit clean label et accessible. » Le succès est d’ailleurs au rendez-vous! Au début du mois de juin dernier, une nouvelle gamme de 4 sauces a été lancée : à la viande, aux saucisses et champignons, une sauce à pizza et une Alfredo. « Ça a pris un tournant inespéré, je remercie le Québec de nous avoir adopté. Nous n’aurions jamais cru à un tel succès! »

Et ça continue! Vous avez probablement déjà observé l’arrivée des pizzas Stefano au rayon des surgelés de votre épicerie, lesquelles sont déjà très populaires. Notre petit doigt nous dit que la gamme n’a pas finie de s’élargir!

Les deux côtés de la médaille de : l’achat local

L’achat local est sur toutes les lèvres. Il s’agirait d’une solution pour diminuer notre impact environnemental. Mais l’est-ce réellement? Pour vous faire une opinion éclairée sur le sujet, voyez les deux côtés de la médaille. | Par Mathilde Condrain-Morel

 D’abord, il faut savoir que la notion d’achat « local » peut prendre plusieurs formes et n’est pas la même pour tout le monde. Acheter local, est-ce acheter un produit dont la distance nous en séparant est moindre? Est-ce se fier à l’origine d’une entreprise ou plutôt à l’emplacement de son siège social? Finalement, acheter un produit de l’Ouest canadien, est-ce mieux que d’en choisir un produit au Sud de notre frontière et qui a parcouru moins de kilomètres?

Malheureusement, il n’y a pas de réponse définitive à ces questions et votre manière d’acheter local dépendra également de vos préoccupations premières, qui peuvent être d’ordre environnemental ou économique, entre autres. Voici tout de même quelques points généraux sur l’achat local qui vous offrent les deux côtés de la médaille de cette tendance grandissante.

Avantages

  • Meilleur pour l’environnement

Les produits dits locaux ont généralement parcouru moins de kilomètres pour se rendre jusqu’à nous. Ceci permet donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport et à la réfrigération des camions. Considérant que la distance moyenne parcourue par les produits alimentaires en Amérique du Nord est de 2 600 km, réduire au maximum cette distance peut limiter considérablement les émissions de GES.

  • Favorise l’économie

En encourageant nos producteurs et nos transformateurs, on contribue à la santé économique de la province ou du pays. On aide à créer de l’emploi, à dynamiser les régions et à occuper le territoire en le rendant attrayant. Pascale Tremblay, agronome et présidente-directrice générale de CARTV, reconnaît le savoir-faire agricole et agro-alimentaire du Québec et estime qu’il a une valeur à l’étranger. Son plaidoyer est clair : « Favorisons une agriculture et reconnaissons son apport pour ce qu’elle apporte en environnement, en innovation. Démarquons-nous avec des produits d’exception. »

  • Contrôle de la qualité

Selon Marie Beaudry, directrice générale d’Aliments du Québec, les normes canadiennes et québécoises sont parmi les plus sévères au monde. Lorsqu’on fait le choix d’un produit local, on est donc assuré que de hautes exigences ont été rencontrées et qu’on se procure alors un produit de meilleure qualité.

Deux côtés de la médaille: Achat local

Inconvénients

  • Pire pour l’environnement, en basse saison

Produire des aliments en hiver au Québec nécessite beaucoup plus d’énergie que de le faire dans des régions où le climat est propice à cette production. Une majorité des émissions de CO2 proviendrait d’ailleurs de la production et non du transport. La solution pourrait se trouver dans la production à grande échelle et dans l’exportation. C’est le point de vue de Pierre Desrochers, professeur à l’Université de Toronto Missisauga, dont le discours est simple : « Spécialisons-nous dans ce qu’on fait de mieux, et exportons. » Son ouvrage, The Locavore’s Dilemma : In Praise of the 10,000-mile Diet, prône d’ailleurs l’achat d’aliments locaux en saison seulement.

  • Le manque de variété

Malheureusement, encore une fois à cause de notre climat, l’achat local réduit la variété des produits offerts, surtout hors-saison. S’approvisionner de façon locale nécessite des sacrifices et la diversité fait souvent partie du lot. Or, une variété des produits aide à faire diminuer le coût du panier d’épicerie.

Au final, acheter local est devenu un enjeu social qui se traduit par un engagement plus ou moins grand selon nos valeurs, mais également nos besoins. Les mots d’Isabelle Marquis, consultante en communication et marketing alimentaire, résument bien ce que manger local peur représenter : « La valeur de manger local revient à l’ensemble de l’œuvre. On doit continuer à mettre en valeur l’expertise, la spécificité et ce que notre sol, notre environnement et notre savoir-faire ajoutent à un aliment produit ici. Il faut s’ouvrir à tous ces éléments pour voir la qualité du produit et identifier les volets humains et de plaisir qui s’y rattachent. Il y a clairement une dimension culturelle à l’achat local. »

Et vous? Quel choix faites-vous ?

L’économie de l’érable

Le Québec est reconnu pour sa production acéricole de qualité et, dès que le printemps se pointe le bout du nez, l’or blond est sur toutes les lèvres; au sens propre comme au figuré! | Par Mathilde Condrain-Morel

L’industrie de l’érable fait couler bien plus que de la sève au Québec. En effet, elle constitue un moteur économique important, et ce, à travers toute la province. En l’espace d’une génération, les producteurs acéricoles ont apporté de grands changements à leur système de production et les résultats sont au rendez-vous!

Des réalisations d’envergure

Pour mieux comprendre ce qui a été accompli par l’industrie acéricole, l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC) a résumé ces réalisations dans une étude récente :

  • Passer d’une activité économique d’appoint à un secteur économique à part entière
  • Professionnaliser le métier d’acériculteur
  • Augmenter de manière raisonnée la production
  • Améliorer la qualité du produit, innovation et développement des marchés
  • Régulariser le prix du produit

Les faits montrent que l’arrangement institutionnel actuel a permis de réunir les conditions pour que l’économie de l’érable du Québec relève le nouveau défi de la demande agroalimentaire mondiale

– François L’Italien, chercheur à l’IREC et auteur de l’étude

Un quasi monopole planétaire

Si vous doutiez de l’importance du sirop d’érable et de son poids dans l’économie québécoise, voici quelques données qui devraient vous démontrer l’ampleur de cette production :

  • Le Québec produit 72 % du sirop d’érable de la planète
  • Le sirop d’érable d’ici est exporté dans une soixantaine de pays
  • D’ici cinq ans, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec prévoient vendre 185 millions de livres de sirop d’érable
  • Pour la saison 2019, environ 48 millions d’entailles permettront de produire 140 millions de livres de sirop d’érable

Le sirop dans vos cuisines

En plus d’être bon pour l’économie québécoise, le sirop d’érable se taille une place de choix dans la préparation de vos recettes. Comme tout autre sucre, il est préférable de le consommer avec modération, mais il n’en demeure pas moins que le sirop d’érable contient plusieurs vitamines et minéraux. D’ailleurs, une portion de 60 ml de sirop d’érable comble 72 % des besoins nutritionnels quotidiens en manganèse, 27 % en riboflavine, 17 % en cuivre et 6 % en calcium.

Bon à savoir : Le sirop d’érable pur à 100 % contient 67 polyphénols différents, dont 9 qui lui sont propres.  D’ailleurs, une entreprise d’ici a mis au point un procédé permettant d’extraire l’eau et le sucre du sirop d’érable afin d’en conserver un produit plus riche en antioxydants, en phénols et en minéraux. C’est comme obtenir un concentré du meilleur du sirop d’érable!

Boissons végétales : Comment faire un choix éclairé?

Par Mathilde Condrain-Morel

Les boissons végétales ont drastiquement envahi le marché ces dernières années, offrant une multitude de choix aux consommateurs. Peu importe la raison qui vous pousse vers ce type de boisson, voici certains points qu’il est bon de se rappeler.

Il est possible que vous vous tourniez vers les boissons végétales à cause d’une intolérance au lactose ou pour limiter les produits d’origine animale dans votre alimentation. Sachez toutefois que la valeur nutritive des boissons végétales varie grandement et que peu d’entre elles peuvent se comparer au lait.

Type de boisson (240ml)CaloriesLipidesProtéinesGlucidesCalcium
Lait de vache1589,05g8,11g11,5g294,2mg
Lait de soya954,5g8g4g330mg
Boisson de riz1302,5g1g26g315mg
Boisson de coco454,25g0g1g220mg
Boisson d’amande352,5g1g1g330mg

Ces données provenant d’une étude menée par des chercheurs de l’Université McGill démontrent clairement que c’est le lait de soya qui arrive le mieux à se comparer au lait. Assurez-vous toutefois de choisir une boisson enrichie, qui contiendra alors des vitamines A, D, B12, de la thiamine, du zinc et du calcium. Ces nutriments, mis à part la vitamine D, sont toutefois présents naturellement dans le lait de vache.

Attention au sucre

Ce que l’on constate malheureusement souvent avec les boissons végétales, c’est leur taux de sucre ajouté élevé. Sur les tablettes, on est moins attiré par la version non sucrée ou l’on se tourne vers des versions aromatisées. Or, selon la nutritionniste Isabelle Huot, une tasse de boisson de soya aromatisée contient 3 cuillères à thé de sucre de plus que la version originale. À consommer avec modération!

Et l’environnement dans tout ça?

Bien que la production de lait de vache génère plus de gaz à effet de serre que celle des boissons végétales (Université d’Oxford), il ne s’agit pas du seul facteur à prendre en considération. Il demeure important de pousser la réflexion avant d’en faire l’achat, pour tenter de limiter notre impact sur l’environnement. Selon un article publié par Ici Explora, voici quelques pistes de réflexions :

Pour la boisson de soya :

  • Déforestation de la forêt amazonienne
  • Provenance, afin de limiter la distance parcourue
  • Est-ce du soya responsable au niveau des impacts de sa production?


Pour la boisson d’amande :

  • Perturbations des sources d’eau en Californie, qui produit 80 % des amandes du monde
  • La production d’un seul verre de lait d’amande (200 ml) nécessiterait 74 L d’eau
  • Impact ravageur sur les abeilles
  • L’une des boissons végétales les plus nocives sur le plan environnemental


Pour le lait de riz :

  • Engendre plus de gaz à effet de serre que toutes les autres productions
  • Nécessite une quantité d’eau douce similaire à celle de la production du lait d’amande

Pour vous approvisionner de façon locale, sachez que certaines entreprises québécoises tirent leur épingle du jeu. Il y a notamment Natura, qui produit du lait de soya depuis plus de 25 ans, avec des fèves de soya cultivées au Québec. Tout récemment, l’entreprise DOSE a également lancé sa gamme de lait de noix, Nuthing else, qui ne contient rien d’autre que des noix entières et des ingrédients naturels. Prenez toutefois note que pour ces produits, l’approvisionnement en noix ne provient pas du Québec. Voilà de belles options à essayer!

Le riz de légumes : une tendance qui ne s’essouffle pas

Quand un légume est traité comme du riz, on crie au génie ou on reste sceptique? | Par Mathilde Condrain-Morel

En début d’année arrivait aux États-Unis un nouveau produit : Riced, un « riz » à base d’edamames produit par Seapoint Farms. Une première sur le marché, cette alternative au riz conventionnel ne contient aucun grain et représente une source de protéine végétale, en plus d’être sans gluten et végétalienne.

Évidemment, c’est un produit en plein dans l’ère du temps, qui vient se coller aux plus grandes tendances alimentaires du moment et au nouveau Guide alimentaire canadien.  Les consommateurs sont avides de réduire leur apport en glucides et recherchent des aliments à valeur ajoutée. Dans ce cas-ci, on veut donc plus qu’un riz qui servira seulement de base à nos plats et on vise plutôt un aliment qui nous permettra de continuer à les manger, mais en ayant accès à plus de nutriments, notamment des protéines et des fibres. Une deuxième variété du produit contient quant à elle du chou-fleur et des patates douces, en plus des edamames.

Une tendance forte

Bien qu’ici on commence à peine à voir des options commerciales de riz de chou-fleur, celui d’Arctic Gardens était d’ailleurs finaliste aux Grands Prix DUX, les variétés sont multiples aux États-Unis. On y trouve entre autres du riz de brocoli, de betteraves, de patates douces ou de carottes. D’ailleurs, Food Network parlait déjà d’une tendance à la hausse en 2017. Ultimement, on réalise que le riz peut être remplacé par bien des légumes, en autant que ceux-ci soient coupés en de très fins morceaux, pour imiter la forme et la texture d’un grain de riz. Là où il faut toutefois être prudent, c’est au niveau de la valeur nutritive. En effet, ces légumes ne se comparent pas toujours avantageusement au riz, notamment au niveau des protéines et des fibres. C’est là où les fèves d’edamames tirent potentiellement leur épingle du jeu.

Valeur nutritive (1 t.) Edamame Chou-fleur Riz blanc
Calories 200 25 204
Protéines 22 g 1,98 g 4,2 g
Fibres 8 g 2,5 g 0,6 g
Glucides 15 g 5,3 g 44 g

Utilisations possibles

On a l’habitude de retrouver les edamames dans les poke ou les salades asiatiques, ainsi que sous forme d’hummus. Par contre, ce produit vient changer la donne et nous permet d’autres utilisations. Un riz frit devient soudainement un peu plus sain et les rouleaux de sushis prennent une belle teinte verte. Laissez-nous toutefois vous mettre en garde, bien que ces produits soient commercialisés comme des « riz », il ne faut surtout par s’attendre à une même tenue et il faut se préparer à un résultat beaucoup plus humide, vu l’eau contenue dans les légumes généralement utilisés. Au bout du compte, ces alternatives peuvent être intéressantes du point de vue nutritionnel si l’on adapte nos attentes face au résultat souhaité. Finalement, il ne faudrait pas crier au génie si rapidement puisqu’à bien y penser, il ne s’agit que d’une nouvelle façon d’apprêter nos légumes. Si vous étiez toutefois sceptiques, voilà peut-être une belle manière de manger des légumes différemment.

Nutrition : ce que le nouveau Guide alimentaire canadien a négligé

La nutritionniste Louise Lambert-Lagacé nous donne son avis sur le nouveau Guide alimentaire canadien et sur les difficultés qu’on impose à l’alimentation d’aujourd’hui.  | Par Mathilde Condrain-Morel

Si vous avez des enfants ou êtes âgé de plus de 65 ans, le guide alimentaire canadien ne vous aidera pas à combler vos besoins. Les outils et conseils dédiés à ces groupes précis y sont cruellement manquants. C’est l’un des premiers constats que fait Louise Lambert-Lagacé, nutritionniste chevronnée qui cumule plus de 50 ans d’expérience, avec qui nous avons discuté récemment. Elle est d’ailleurs catégorique : « pour de jeunes enfants, ça n’irait pas. Il y a des choses à adapter ». Selon elle, c’est au niveau du groupe des protéines que le Guide alimentaire canadien fait fausse route. En mettant tous les types de protéines dans le même panier (d’épicerie sûrement!), on prive la population d’explications importantes.  Sa première recommandation :

  • Ramener le groupe dédié aux produits laitiers.

 Ils ne peuvent pas être comparés aux légumineuses, puisqu’ils ont des caractéristiques tellement spécifiques et importantes. Ils sont complètement sous-estimé.

Trop loin de la réalité

Voilà un guide pour la survie de la planète, mais qui n’est pas adapté à la majorité des gens. Pourquoi? Ils ne possèdent pas les connaissances pour bien le comprendre. Il est donc très éloigné de la réalité du citoyen moyen. C’est une chose de vouloir inspirer les Canadiens à modifier leurs habitudes alimentaires, mais encore faut-il les aider dans cette direction. Si ceux-ci se basent sur le guide, ils risquent d’être bien perdus. On y propose de beaux principes, mais comment les appliquer dans le quotidien? Lorsqu’une personne âgée vivant seule se fait dire qu’il faut manger en groupe, on la laisse plus démunie encore qu’elle ne l’était. Pour Louise Lambert-Lagacé, le Guide alimentaire canadien propose trop d’idéaux et pas assez d’outils concrets.

La nutrition au second plan

La nutrition semble de plus en plus perdre du terrain au profit de préoccupations environnementales. Pour Louise Lambert-Lagacé, c’est préoccupant : « on choisit nos aliments en fonction des émissions de gaz à effets de serre qu’ils génèrent, mais qu’en est-il de leur impact sur notre santé? ». Ce sont des préoccupations que nous n’avions pas avant et qui, bien qu’elles ne puissent plus être évitées, nous détourne de la fonction première de la nutrition : contribuer à notre santé.

Carences en vue

En priorisant la planète, il est possible de se tromper du point de vue de la nutrition. On priorise les protéines végétales, mais on ne donne pas de conseils sur la manière de les intégrer à son alimentation. Ça devient problématique pour les personnes plus vulnérables, telles que :

  • Personnes âgées
  • Enfants
  • Personnes moins éduquées

Les connaissances existent, mais on ne fournit pas le soutien nécessaire pour leur application. Ce faisant, on risque de voir apparaître certaines carences chez ces gens qui voudront suivre les recommandations du Guide alimentaire canadien. Louise Lambert-Lagacé attend encore les outils qui permettront à ces personnes vulnérables de procéder à des changements dans leurs habitudes alimentaires, sans nuire à leur santé.

Foncer droit vers la complication

Ces nouvelles complications et contraintes viennent inévitablement complexifier l’assiette. Elle ne doit plus simplement nous nourrir, elle doit aussi être :

  1. Responsable envers l’environnement
  2. Politiquement correcte
  3. Nutritive

Quand la valeur nutritive de nos aliments se retrouve en troisième position dans les priorités associées à l’alimentation, il faut se poser des questions.

Là encore cette nouvelle approche agace Louise Lambert-Lagacé : « avant que la contrainte se transforme en plaisir, ça peut être long! ». Or, le plaisir de manger est une part importante de la nutrition, qui fait d’ailleurs partie des recommandations du Guide alimentaire canadien. Contradictoire, n’est-ce pas?

Les extrêmes : un danger certain

Diètes, tendances, courants alimentaires, si ce qu’on propose est trop radical, des impacts sur votre santé se feront sentir. Les carences nous attendent aussi dans le détour et la faim se fera vite ressentir. Que se passe-t-il ensuite? Dans le meilleur des cas on se tourne vers les suppléments, mais souvent ce sont les alternatives beaucoup moins santé qui nous attirent. Mais pourquoi éliminer un aliment s’il nous apporte ce dont notre corps à besoin?

S’il y a une seule recommandation de Mme Lambert-Lagacé à retenir, c’est probablement celle-ci : « il faut donner la priorité aux vrais aliments et éviter le déséquilibre ».